2026 Fortune

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Embarquez pour une aventure périlleuse, née d'un irrépressible désir de voyage et de découverte. À travers cette adaptation chorégraphique des aventures de Robert Fortune, nous explorons avec humour le choc des cultures occidentale et chinoise, une rencontre où les traditions se bousculent. Sous la légèreté de cette intrigue d’espionnage économique et de vol de secrets industriels se cache une double réflexion. Si tout voyage transforme profondément le voyageur qui s'y aventure, l'épopée de Robert Fortune a fait bien plus encore : en dérobant le secret du thé, cet homme a redessiné la carte du monde et il a bouleversé l'Histoire. Une fresque historique colorée, pour les grands et les petits.

 Écoutez l'histoire !

Appuyez sur le bouton  du lecteur audio pour écouter les aventures de Robert Fortune sur la route du thé. Il s'agit des quatre voix off qui introduisent les quatre actes : elles permettent de découvrir l'univers sonore de notre spectacle et favorisent une bonne intelligence du mouvement chorégraphié (durée 11'45).

 Acte I

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Acte 1 Port de Southampton - Entendez-vous ce fracas ? Bienvenue en Angleterre ! En cette journée du 20 septembre 1848, un brouillard glacé envahit les rues de Southampton, mais le port, lui, bouillonne comme une marmite. L’air est lourd de sel et de marée. Une odeur persistante de suie et de goudron me prend à la gorge. Au-dessus de l’estuaire, le cri strident des mouettes voraces déchire la brume alors qu’elles tournoient, à l'affût du moindre reste. Le quai est une ruche humaine bourdonnante d’activités : des marins aux visages tannés jurent en souquant les cordages, tandis que des dockers courbés sous l’effort déchargent de lourdes caisses d’émaux chinois, précieux reflets de cet Orient qui m’appelle. Au milieu de ce vacarme, des mudlarks, ces gamins des berges aux pieds nus et couverts de vase, guettent la moindre occasion de chahuter. Tenez, regardez celui-ci ! D'un geste agile, il vient de ramasser le foulard de Jane, mon épouse. Et puis, voici le Steam Ship Ripon, un monstre de fer dont les puissantes machines grondent, faisant vibrer le quai sous mes pieds, dans un souffle brûlant de vapeur et de suie. Le moment de la séparation est arrivé. Je plonge mon regard dans les yeux de Jane. Nos adieux sont silencieux, déchirants, chargés de tout ce que je ne peux lui dire sur les périls qui m'attendent. Je lâche sa main glacée, le cœur brisé, mais la détermination intacte. Je serre mes carnets de botaniste contre ma poitrine et je franchis la coupée. Quitter mon épouse, abandonner les miens pour une mission si périlleuse ! Je pars pour une mission clandestine dont je ne reviendrai peut-être pas. Si je suis découvert là-bas, je ne les reverrai plus jamais. En montant à bord, je salue le capitaine Moresby, maître du navire. L’Angleterre disparaîtra bientôt derrière l’horizon. Je m’appelle Robert Fortune. Je suis botaniste et je pars voler les secrets du thé de l’autre côté du monde !

 Acte II

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Acte 2 Port de Shanghai en Chine - Carnet de Shanghai, janvier 1849. Après quatre mois de tempêtes en haute mer, me voilà jeté sur les rivages de la Chine. Le port de Shanghai n’est pas une simple escale, c’est un dragon qui s'anime dans un festival de couleurs et d'artifices. Partout, les soieries scintillent sous une lumière hivernale, des vagues de pourpre et d’indigo qui contrastent avec la pauvreté du peuple chinois. Dans le tumulte, rossignols et autres oiseaux chantants s’égosillent dans leurs cages en bambou, symbolisant cruellement ma propre existence : si mon projet venait à échouer, ma cage serait une prison impériale. Non loin du marché aux oiseaux, un calligraphe inscrit des caractères shū fǎ d’un geste maîtrisé. Tout à coup, la foule se fige : la flûte de charmeur de serpents résonne, introduisant le solo mortel d’un cobra qui se dresse, hypnotique, au milieu du tumulte. C’est encore une allégorie de mon propre destin : le redoutable animal me fixe, il a découvert l’intrus que je suis dans cette foule bigarrée. Heureusement pour moi, une bousculade se produit entre des marins britanniques et des coolies chinois épuisés sous le poids des ballots de marchandises. Mon instinct de survie m’engage à la fuite. C'est là que je rencontre Wang, mon guide, mon ombre, celui qui va m'accompagner dans l'inconnu. Je pénètre dans une boutique pour accomplir un rite inattendu. J’enlève mes vêtements occidentaux pour revêtir la robe de soie d’un lettré chinois ; une lame froide me rase le crâne ; on me tresse une longue natte postiche. Ma transformation n'est pas un déguisement, c’est une disparition. L’homme que j’étais, Robert Fortune, est mort à Southampton et Sing Wa est né. Je plonge mon regard dans le miroir. Ce que je vois n’est plus un sujet de Sa Majesté, mais un clandestin qui s’apprête à pousser les portes de la Chine interdite.

 Acte III

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Acte 3 Voyage en Chine interdite à la recherche du thé - Carnets du Fujian, printemps 1849. Avec mon nouvel accoutrement chinois, je peux me déplacer incognito dans les contrées interdites aux étrangers. J’ai appris à me rendre insaisissable, tout comme la brume éthérée qui flotte sur le fleuve Min. Soudain, sous l’orage, des jonques de pirates surgissent de nulle part, lames nues, regards assoiffés de sang. Nous luttons pour nos vies au milieu des éclairs, échappant de justesse à la mort. Mais le fleuve n’est pas mon seul bourreau. À terre, l’administration impériale resserre ses mailles, comme un filet de pêcheur. Je dois traverser les cités fortifiées qui gardent les cols montagneux. Chaque poste de contrôle, chaque regard de douanier ombrageux est une menace. Au cours d’un contrôle insistant, un mandarin soupçonneux frappe le flanc de mon palanquin. Mon cœur cogne à m'en briser les côtes. Heureusement, mon serviteur Wang intervient aussitôt. L’officier impérial le fixe avec ses yeux sombres, tandis que Wang adopte une posture à la fois hautaine et respectueuse. Il me présente comme le riche lettré Sing Wa, épuisé par la maladie et le voyage. Il prétend que déranger un tel personnage serait une insulte envers un grand seigneur. Le mandarin est abusé par cette ruse et nous échappons de justesse à l’arrestation. Nous fuyons à travers une forêt de bambous géants dont les tiges ondulent et gémissent sous le vent, métaphore de ma propre existence : plier sans jamais rompre. Et puis, au bout de l'aventure, émerge le miracle. La nature dévoile un sanctuaire suspendu : les majestueux Monts Wuyi. Admirez ces falaises de grès rouge, ces montagnes sacrées qui semblent flotter entre le ciel et la terre, entourées de nuages paresseux et baignées dans une lumière mystique. Ici, le temps s’est arrêté. Accueilli par la bonté désintéressée des moines bouddhistes, j’ai trouvé plus qu’un refuge. Dans ce calme absolu, au rythme des prières murmurées, s’est opéré un véritable prodige : devant moi, en terrasses le long des falaises, s’alignent les théiers sacrés. Je découvre la fleur de camellia sinensis, délicate et mystérieuse, qui renferme un secret convoité par le monde entier. Ses pétales d’un blanc éclatant contrastent avec la noirceur de ma trahison. J’ai percé le mystère du thé noir, la richesse de l’empereur ! En observant les moines flétrir et torréfier ces feuilles avec une infinie poésie, je comprends que le thé noir n’est pas simplement une marchandise, mais une philosophie. Je saisis les précieuses graines, l’esprit troublé, conscient de profaner un mystère éternel. Alors que la nuit envahit les sommets, je me demande si l’esprit d’une montagne peut véritablement être emporté dans de simples caisses en bois et en verre.

 Acte IV

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Acte IV Nouvelles plantations de thé à Darjeeling en Inde - Carnet du Darjeeling. Les années se sont écoulées. Nous sommes au printemps 1856. Respirez cet air pur et floral, réchauffé par les premiers rayons du soleil ! Oubliez les brouillards de Southampton et les montagnes sacrées de Chine. Regardez autour de vous ! Voici les premières plantations de thé de Darjeeling, sur les contreforts de l’Himalaya. Ces milliers de graines et de plants dérobés, protégés dans les caisses de Ward, ont traversé les mers, remonté les fleuves et sillonné les terres avant de s’enraciner enfin dans le sol indien. Après des années d’attente, le premier printemps de récolte est enfin arrivé. Admirez ce paysage en mouvement, ce ballet de teintes éclatantes ! Ce sont les cueilleuses indiennes qui se faufilent entre les nouvelles plantations verdoyantes, leurs mains agiles récoltant les tendres pousses du printemps au rythme d’un improbable Machaï Chaï. Elles sont les nouvelles gardiennes d'un secret millénaire. Quel étrange choc culturel se déroule sous nos yeux ! D’un côté, la grâce intemporelle des ranis, ces femmes de l’aristocratie hindoue vêtues de saris en soie, témoins de ce changement agraire. D’un autre côté, l’arrogance triomphante des colons britanniques. Regardez-les se presser autour de cette première caisse de thé Darjeeling, gravée à l’encre fraîche : la toute première récolte de printemps, la plus précieuse. Darjeeling ! En prononçant le mot, la poésie m’envahit. C'est un mot qui porte en lui le souffle des cimes, le parfum de la rose sauvage et la caresse de la brume himalayenne. Il ne s’agit pas seulement de thé enfermé dans une caisse. C’est l’âme d’une terre lointaine qui se prépare à infuser le monde. C'est l'or de l'empire ! Pour célébrer ma victoire, une fastueuse Garden Party est organisée dans la vaste plantation. Les tables sont couvertes de lin blanc pour l’heure sacrée du Tea Time. On trinque, on rit, on savoure le parfum d'une plante qui, désormais, redessine les cartes du monde. Le monopole chinois est brisé. Ma mission est accomplie. Pourtant, au fond de mon âme, un scrupule me hante. Ce triomphe britannique repose sur un mensonge. Quand je ferme les yeux, je vois le visage des moines des monts Wuyi qui m’avaient ouvert leur cœur et leur sanctuaire. Je prends alors conscience que j’ai payé ma gloire du prix de la trahison, en leur volant ce qu’ils avaient de plus sacré. En portant ma tasse à mes lèvres, je ne peux m'empêcher de penser au prix de cette audace. Mon nom reste à jamais lié au vol de cette merveilleuse feuille de thé, mais mon esprit court toujours sur les sentiers interdits des monts Wuyi.

 Photos - Sélection

A l'attention du visiteur pressé qui veut découvrir en quelques instants la qualité de nos spectacles, voici une sélection de photographies qui restituent l'atmosphère si particulière qui règne lors des représentations : magie de la lumière, surprise des effets spéciaux, beautés des costumes, féerie des décors, rebondissements de l'action. Pour en savoir plus, le visiteur curieux pourra consulter la rubrique Médiathèque > Photos spectacles dans le Menu principal.

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 Affiche

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